Nouveaux ESRS : qu’est-ce qui change ?

Empilement de galets

Le 3 décembre 2025, l’EFRAG a présenté à la Commission Européenne une version amendée des ESRS en vigueur depuis 2024. Cette nouvelle version a été développée en quelques mois grâce à un cahier des charges de la Commission et une consultation publique terminée en septembre 2025.

Un travail de fond, qui promet une version améliorée des ESRS, plus légère, plus opérationnelle, et conservant les ambitions originelles de la CSRD. Mais concrètement, quels sont les changements apportés avec ces nouveaux ESRS ?

Pourquoi ces nouveaux ESRS ont vu le jour ?

Avant de se pencher sur le contenu des nouveaux ESRS, rappelons la raison de leur nécessité.

Rappel : les objectifs de la CSRD

La CSRD est arrivée dans un contexte de stucturation du tissus économique Européen autour de la durabilité pour atteindre les ambitions du Pacte Vert (Green Deal).

Afin de répondre à la pression des donneurs d’ordre financiers (banques, actionnaires et investisseurs) et business (clients, prospects et collectivités) sur les entreprises, la CSRD a été créée pour proposer un cadre de reporting harmonisé permettant de fournir un niveau d’informations suffisant à ces parties prenantes. De plus, grâce à la CSRD ces informations sont désormais certifiées par un organisme externe, permettant d’assurer la fiabilité des informations partagées.

La CSRD a aussi vu le jour pour palier à un des problèmes principaux de la NFRD : empêcher que ces rapports deviennent des opportunités de Greenwashing pour les entreprises. Les ESRS, référentiels supports de la CSRD, assurent que les entreprises publient des informations sur leurs impacts et risques les plus importants grâce au concept de la double matérialité.

En bref, la CSRD a pour objectif d’assurer que les entreprises européennes fournissent des informations ambitieuses, harmonisées et comparables à toutes leurs parties prenantes en ayant besoin.

Un fardeau réglementaire allégé par la proposition Omnibus

Dans la réalité, la première vague d’entreprises ayant mis en place la CSRD ont rencontré plusieurs challenges dans son application : quantité d’informations à fournir, complexité de la donnée à collecter, exigence des auditeurs

La CSRD a vite été perçue comme un fardeau réglementaire, impactant la compétitivité des entreprises européennes.

En février 2026, la Commission Européenne a déposé sa proposition dite “Omnibus” visant à simplifier le reporting de durabilité pour les entreprises, en refondant la CSRD, la CSDDD et la Taxonomie Verte.

C’est dans ce cadre que l’EFRAG a été mandatée pour proposer une nouvelle version de ses ESRS, une version moins dense et plus simple à appliquer, tout en répondant toujours aux différents besoins d’information des donneurs d’ordre.

Les 3 éléments qui sont identiques entre les versions des ESRS

Ces nouveaux ESRS sont donc une version simplifiée des ESRS Set 1, mais dont les grands principes ont été conservés pour assurer de respecter les ambitions premières de la CSRD :

  1. Conservation de l’Analyse de Double Matérialité obligatoire
  2. Conservation des 12 ESRS, et donc des thématiques choisies pour le reporting
  3. Conservation de la grande interopérabilité avec d’autres référentiels internationaux.

La double matérialité au cœur de l’exercice

L’analyse de double matérialité est le moteur de la CSRD. Cet exercice obligatoire propose aux entreprises de faire un tri objectif entre tous les enjeux associés à l’univers de l’ESG en suivant une méthodologie normée.

C’est sur cette étape que repose la crédibilité de tout le rapport produit.

C’est grâce à cette étape que le lecteur sait quels sont les impacts les plus négatifs de l’entreprise et qu’il peut vérifier ce que met l’entreprise en place concrètement pour les limiter.

C’est donc tout naturellement que l’analyse de double matérialité reste une étape obligatoire dans les nouveaux ESRS.

Conservation des 12 ESRS

Les ESRS Set 1 proposaient une architecture en 12 ESRS, répartis en 2 ESRS transversaux, et 10 ESRS thématiques.

Ces 12 ESRS sont conservés à l’identique dans la nouvelle version des ESRS, assurant une cohérence entre les deux versions.

Cette architecture est en effet optimale car elle permet de répartir les informations dans les grandes thématiques de l’ESG, celles sur lesquelles les donneurs d’ordre demandent le plus d’informations.

Les 12 ESRS

Une grande interopérabilité avec les référentiels internationaux

Un des grands fer de lance de la CSRD est de limiter le besoin de dupliquer les rapports pour complaire à différents référentiels. Ainsi, les ESRS ont été construits pour être interopérables avec les plus grands référentiels internationaux, comme l’ISSB et le GRI.

Les nouveaux ESRS sont eux-aussi grandement interopérables avec ces autres référentiels, permettant de simplifier le processus de reporting pour les grandes entreprises.

Les 5 changements des nouveaux ESRS

Dans ces nouveaux ESRS, de nombreux choix ont été faits pour assurer que cette nouvelle version soit plus simple à mettre en oeuvre pour les entreprises :

  1. Des changements de structure
  2. Des évolutions de la méthodologie de l’analyse de double matérialité
  3. Une réduction de la quantité d’information
  4. Une introduction du concept de Fair Representation
  5. Des ESRS plus opérationnels

Changements de structure

Dans les nouveaux ESRS, la structure a légérement évoluée : certains paragraphes (DR) ont disparu, d’autres ont été combinés, d’autres ajoutés.

Le grand changement structurel qui facilite la lecture des ESRS, c’est le lieu des AR. Ces Application Requirements ont pour but de guider l’utilisateur en lui fournissant des conseils sur la façon de préparer ses informations.

Dans les ESRS Set 1, ces AR sont placés en annexe de chaque ESRS, obligeant l’utilisateur à faire des allers-retours entre les ESRS et les annexes. Dans les nouveaux ESRS, ces AR sont placés à la fin de chaque DR, assurant une cohérence et que les utilisateurs puissent profiter pleinement des conseils fournis.

Evolutions de la méthodologie de l’analyse de double matérialité

Nous l’avons vu, l’analyse de double matérialité est conservée dans les nouveaux ESRS. Néanmoins, de nombreuses entreprises ont remonté la lourdeur de devoir justifier la considération de risques évidents comme matériels. Pour y répondre, l’EFRAG a proposé une évolution de la méthodologie : l’analyse de double matérialité peut désormais être réalisée pour tout ou partie via une approche top-down.

Concrètement, vous pouvez désormais identifier rapidement quels sont les enjeux matériels de votre secteur (top) et les considérer comme matériels pour votre entreprise (down), sans justification. Vous devez toujours utiliser l’approche bottom-up (partir de tous les IROs pour remonter ceux matériels pour vous) pour les IROs qui ne sont pas évidents.

Méthodologie de la double matérialité

Réduction de la quantité d’information

Un des changements évidents des nouveaux ESRS est la diminution de la quantité des informations demandées. L’intégralité des informations dites “volontaires” ont été supprimées du référentiel, ainsi qu’une grande partie des informations obligatoires.

Au total, 71% des informations (datapoints) des ESRS Set 1 ont été retirées dans cette nouvelle version.

Introduction du concept de Fair Representation

Malgré la grand diminution de l’information, ces nouveaux ESRS ont été conçus avec un objectif principal : assurer un équilibre entre le besoin de simplification de l’exercice et le besoin d’informations de qualité et représentatives pour les utilisateurs des rapports. Cet équilibre est explicité via le concept de Fair Representation, défini dans les nouveaux ESRS.

Ainsi, la diminution de la quantité n’induit pas de perte de qualité de l’informations : les informations les plus utiles aux prises de décisions (internes ou des parties prenantes) ont été conservées, et les entreprises ont plus de liberté face au niveau de granularité le plus pertinent pour fournir les informations.

Augmentation de l’opérationnalité

Un des feedbacks principaux reçus par l’EFRAG lors des différentes consultations publiques cette année est que les ESRS Set 1 sont trop théoriques, et peu applicables en pratique. En effet, les entreprises ne comprenaient pas comment les appliquer concrètement, et ils contenaient trop d’ambiguïtés conduisant à des demandes excessives des auditeurs.

Dans ces ESRS simplifiés, les règles du jeu et attendus sont plus clairement expliqués, et des conseils d’application concrets sont donnés tout du long. C’est par exemple le cas de précisions apportées sur l’utilisation d’horizons temporels dans l’analyse de double matérialité, ou de la redondance des informations si on a une politique qui couvre plusieurs sujets.

Conclusion

Entre constance et changements judicieux, ces nouveaux ESRS proposent un nouvel équilibre pour le reporting de durabilité des entreprises. Un reporting allégé, concentré d’informations utiles pour les entreprises et leurs parties prenantes, et permettant aux entreprises de se concentrer sur ce qui compte vraiment : la diminution de leur impact.

Vous souhaitez identifier les changements entre les deux versions, point à point ? Recevez notre mapping interactif !

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FAQs

Trouvez les réponses aux questions courantes sur la CSRD et sur Kiosk

Qu’est-ce que la CSRD ?

La CSRD ou Corporate Sustainability Reporting Directive est la nouvelle directive européenne qui a pour but d'imposer et de mieux encadrer les rapports de durabilité des entreprises.

Elle rend les entreprises plus transparentes, grâce à des normes de rapports ESG standardisées appelées ESRS (European Sustainability Reporting Standards)

CSRD : Qui est concerné ?

L’application de la Corporate Sustainability Reporting Directive est progressive. Voici un tableau récapitulatif.

Année d’entrée en vigueurEntreprises impactéesStandard
2025 (sur l’exercice 2024)Grandes entreprises cotées de plus de 500 salariésESRS
2026 (sur l’exercice 2025)Autres grandes entreprises de plus de 1000 salariésESRS
2028 (sur l’exercice 2027)Autres grandes entreprises de moins de 1000 salariésVSME
2029 (sur l’exercice 2028)PME cotées en bourseVSME
2029 (sur l’exercice 2028)Entreprises non européennes réalisant au moins 450M€ de CA sur le marché européenESRS

Vous souhaitez savoir à partir de quand votre entreprise est impactée ? Utilisez notre outil de veille réglementaire pour le découvrir.

Qu’est-ce que le projet de loi Omnibus ?

Le projet de loi « omnibus » est une récente initiative de la Commission européenne visant à réduire le périmètre de la directive CSRD.Elle propose notamment de relever les seuils d'application : seules les entreprises de plus de 1 000 salariés seraient concernées, contre 250 précédemment.

Elle favorise l’adoption du référentiel VSME pour alléger la charge de reporting des PME & ETI.

Qu’est-ce que le référentiel VSME ?

Le VSME (Voluntary Sustainability Reporting Standard for non-listed SMEs) est une norme volontaire européenne conçue pour aider les petites et moyennes entreprises (PME) non cotées à structurer et communiquer leurs initiatives en matière de durabilité.Élaborée par l'EFRAG, cette norme offre un cadre allégé en comparaison aux normes ESRS, couvrant les aspects ESG.Elle permet notamment de :

  • Harmoniser les pratiques de reporting durable en Europe
  • Faciliter la réponse aux attentes des partenaires commerciaux
  • Améliorer l’accès aux financements responsables

Elle vise à harmoniser les pratiques de reporting durable, à faciliter la réponse aux attentes des partenaires commerciaux et à améliorer l'accès aux financements responsables. Bien que non obligatoire, l'adoption du VSME permet aux PME de démontrer leur engagement envers la durabilité et d'anticiper les évolutions réglementaires futures

Comment se préparer à la CSRD ?

Pour se mettre en conformité avec la directive CSRD, les étapes suivants sont recommandées :

  1. Réalisez les étapes préliminaires à la CSRD

Ces étapes sont l’analyse de double matérialité et l’analyse d’écart. Elles vous permettront de comprendre quels sont les enjeux, impacts, risques et opportunités matériels pour votre entreprise. Elles vous permettront également de rédiger une feuille de route à partir de ce que vous avez déjà réalisé.

Découvrez notre article sur la double matérialité ici.

  1. Compilez vos données et produisez vos indicateurs

La centralisation des données de durabilité est essentielle pour votre mise en conformité. Notamment pour faciliter la compréhension et la cohérence lors de la production d’indicateurs quantitatifs.

  1. Produisez votre rapport détaillé au format XHTML avec des balises XBRL

Grâce à ses technologies de tagging et de visualisation, Kiosk garantit un très haut niveau de cohérence.

Retrouvez ici notre article sur le balisage XBRL.

  1. Auditez vos données

Au terme de ces étapes, votre rapport de durabilité est prêt à être audité par un Organisme tiers indépendant (OTI).

Kiosk accompagne votre entrée en conformité tout au long de ce processus. Pour plus d’informations sur ces étapes, nous vous invitons à prendre contact avec notre équipe.

Pourquoi utiliser un logiciel dédié à la CSRD ?

La mise en conformité CSRD requiert aux entreprises :

  • la compréhension des 12 ESRS et 82 disclosure requirements
  • la collecte de plus de 1 000 points de données
  • le calcul de 50-147 indicateurs quantitatifs
  • le balisage de 4 000 éléments dans le rapport final

Kiosk est un logiciel qui permet aux entreprises de gagner 5 mois sur la préparation de leur rapport CSRD en automatisant les étapes les plus chronophages.

Comment mes données sont-elles traitées ?
  • Tout d’abord, la sécurité de vos données est notre priorité.
  • Toutes les données sont stockées en France, à Paris, via notre hébergeur français.
  • Lors du transit, vos données sont chiffrées en SSL/TLS du navigateur de l’utilisateur vers nos serveurs garantissant la sécurité des communications.
  • Les données sont également chiffrées au repos, aussi bien sur la base de données que sur le stockage de fichiers, protégeant les données en cas de fuite ou de tentative de vol.
  • Les équipes techniques de Kiosk sont les seules à pouvoir accéder à vos données.
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