Depuis 2024, la CSRD impose aux entreprises européennes de produire un reporting de durabilité standardisé couvrant l'ensemble des dimensions ESG (environnement, social, gouvernance). Le niveau d'exigences est comparable à celui d'un reporting financier, tant en rigueur qu'en granularité.
Rassembler les données pour se mettre en conformité avec la CSRD constitue le premier obstacle des entreprises concernées. Les ESRS requièrent de renseigner plusieurs centaines d'indicateurs. Les informations sont dispersées dans toute l'organisation et les interlocuteurs à mobiliser sont nombreux. Sans méthode, la collecte de données devient rapidement chronophage, complexe et coûteuse, au point d'affecter la fiabilité du rapport produit.
Cet article présente les trois étapes pour structurer cette phase déterminante et permettre aux entreprises concernées d'atteindre la conformité : cartographie, formation des référents et centralisation.
1. Collecte de données : l'étape du reporting CSRD à ne (surtout) pas négliger
1.1. Plus de 1 000 data points dispersés dans l'entreprise
Les ESRS demandent de renseigner des centaines de data points : émissions de GES, consommation d'énergie, biodiversité, politiques sociales, écarts de rémunération, pratiques de gouvernance…
Ces données sont rarement centralisées. Elles se trouvent dans les directions financières, RH, achats, opérations, et parfois chez des partenaires externes de la chaîne de valeur. Sans cartographie, les équipes RSE perdent du temps à localiser des données dont elles ignorent parfois l'existence ou le propriétaire.
Pour découvrir les datapoints des nouveaux ESRS, rendez-vous ici.
1.2. Un exercice collectif qui demande de la rigueur
Le reporting extra-financier se distingue du reporting financier sur un point clé : il mobilise de nombreux contributeurs dans l'entreprise. Chacun détient une partie des données, mais tous n'ont pas la même connaissance des exigences de la CSRD.
Sans anticipation, les problèmes apparaissent au moment de l'audit de conformité. Les vérificateurs attendent des données fiables, traçables et documentées (1). Quand ce n'est pas le cas, les conséquences sont directes :
- Des allers-retours répétés entre auditeurs et équipes internes pour justifier ou corriger les chiffres
- Des incohérences entre indicateurs qui affaiblissent la crédibilité du rapport
- Un risque de non-conformité sur le plan réglementaire et réputationnel
- Du temps perdu qu'un processus structuré aurait permis d'éviter
Structurer sa collecte de données en amont est donc un véritable pré-requis. C'est ce qui permet de transformer une obligation réglementaire en processus fluide et maîtrisé, reproductible sans friction.
2. Comment structurer sa collecte en 3 étapes
2.1. Étape 1 : Cartographier les données et identifier les référents
La première étape est un travail de cartographie. Il s'agit d'identifier quels indicateurs sont requis au regard de sa double matérialité, de localiser ces données dans l'organisation et de désigner les personnes responsables.
C'est aussi le moment de définir les méthodes de collecte adaptées à chaque type de donnée. Un responsable RH ne fournira pas ses données de la même manière qu'un ERP ou qu'un fournisseur de la chaîne d'approvisionnement.

En pratique, quatre canaux de collecte coexistent. C'est l'approche retenue par Kiosk, qui intègre nativement ces quatre méthodes complémentaires :
- Connexions API : pour synchroniser automatiquement les données depuis vos outils existants (SIRH, ERP, comptabilité…)
- Fichiers standardisés : quand les données ESG existent déjà sous forme de fichiers structurés
- Questionnaires : pour solliciter des parties prenantes internes ou externes qui détiennent les données
- Saisie manuelle : pour les données ponctuelles ou qualitatives qui n'existent dans aucun système
Chaque entreprise et chaque secteur d'activité a ses contraintes. Un processus robuste repose sur la capacité à combiner ces canaux.
2.2. Étape 2 : Former les référents pour éviter les allers-retours
Même quand les bons interlocuteurs ont été désignés et qu'un tableur leur a été envoyé, les données récoltées peuvent s'avérer inutilisables : mauvais format, périmètre inadapté ou informations manquantes.
Les référents sont des opérationnels qui ne connaissent pas nécessairement les normes ESRS sur le bout des doigts. Leur demander de renseigner un indicateur sans explication préalable ne fonctionne pas systématiquement.
Une formation courte et ciblée peut résoudre ce problème. Elle doit couvrir trois points : ce qu'on attend (quel indicateur, quel périmètre), comment le fournir (format, preuves) et pourquoi c'est nécessaire (enjeux de conformité, d'audit et de contrôle interne).
Le gain est immédiat : davantage de données correctes dès la première saisie et moins de relances. Les référents comprennent mieux leur rôle dans le processus, ce qui renforce leur engagement et la qualité des contributions sur la durée.
Chez Kiosk, une phase d'accompagnement dédiée à la formation des référents est systématiquement intégrée au processus de collecte, afin de garantir la qualité des données dès le premier cycle de reporting. (2)
2.3. Étape 3 : Centraliser la collecte pour garantir la fiabilité des données
La cartographie est faite, les référents sont formés. Il faut maintenant que les données arrivent au bon endroit, dans le bon format.
Sans espace centralisé, la collecte se disperse entre fichiers Excel, emails croisés et drives partagés. Les conséquences : doublons, versions contradictoires et données introuvables lors de l'audit. (3)

Un outil dédié permet de suivre l'avancement en temps réel, de relancer les contributeurs quand c'est nécessaire et de contrôler la qualité des données saisies. C'est le rôle d'une plateforme comme Kiosk, qui centralise le processus et assure la traçabilité de chaque donnée jusqu'à sa vérification par les auditeurs.
Centraliser la collecte, c'est ce qui fait la différence entre un reporting extra-financier fiable et un rapport qu'on passe des mois à corriger.
Conclusion
La collecte de données conditionne la qualité de l'ensemble du reporting CSRD. Un rapport bien constitué réduit les frictions lors de l'audit et renforce la crédibilité de la démarche ESG. Cartographier ses besoins, former ses référents et centraliser le processus permet de passer d'un exercice subi à un processus maîtrisé.
Découvrez comment Kiosk peut vous aider à fiabiliser cette étape du reporting, réservez une démo.
Sources
- Les lignes directrices de la H2A : https://h2a-france.org/publications/la-h2a-publie-les-lignes-directrices-relatives-a-la-mission-de-certification-des-informations-en-matiere-de-durabilite-et-des-inform
- Formation: https://www.meetkiosk.com/articles/csrd-quelles-formations-realiser-pour-mon-rapport
- Étude KPMG 2025 : https://kpmg.com/fr/fr/insights/information-esg/benchmark-projets-csrd-2024.html - 65% des entreprises déclarent des difficultés majeures à collecter les données en amont alors que 71% d’entres elles utilisent encore des solutions bureautiques traditionnelles pour leur collecte, et seulement 24% ont adopté un outil dédié.
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FAQs
Trouvez les réponses aux questions courantes sur la CSRD et sur Kiosk
La CSRD ou Corporate Sustainability Reporting Directive est la nouvelle directive européenne qui a pour but d'imposer et de mieux encadrer les rapports de durabilité des entreprises.
Elle rend les entreprises plus transparentes, grâce à des normes de rapports ESG standardisées appelées ESRS (European Sustainability Reporting Standards)
L’application de la Corporate Sustainability Reporting Directive est progressive. Voici un tableau récapitulatif.
| Année d’entrée en vigueur | Entreprises impactées | Standard |
|---|---|---|
| 2025 (sur l’exercice 2024) | Grandes entreprises cotées de plus de 500 salariés | ESRS |
| 2026 (sur l’exercice 2025) | Autres grandes entreprises de plus de 1000 salariés | ESRS |
| 2028 (sur l’exercice 2027) | Autres grandes entreprises de moins de 1000 salariés | VSME |
| 2029 (sur l’exercice 2028) | PME cotées en bourse | VSME |
| 2029 (sur l’exercice 2028) | Entreprises non européennes réalisant au moins 450M€ de CA sur le marché européen | ESRS |
Vous souhaitez savoir à partir de quand votre entreprise est impactée ? Utilisez notre outil de veille réglementaire pour le découvrir.
Le projet de loi « omnibus » est une récente initiative de la Commission européenne visant à réduire le périmètre de la directive CSRD.Elle propose notamment de relever les seuils d'application : seules les entreprises de plus de 1 000 salariés seraient concernées, contre 250 précédemment.
Elle favorise l’adoption du référentiel VSME pour alléger la charge de reporting des PME & ETI.
Le VSME (Voluntary Sustainability Reporting Standard for non-listed SMEs) est une norme volontaire européenne conçue pour aider les petites et moyennes entreprises (PME) non cotées à structurer et communiquer leurs initiatives en matière de durabilité.Élaborée par l'EFRAG, cette norme offre un cadre allégé en comparaison aux normes ESRS, couvrant les aspects ESG.Elle permet notamment de :
- Harmoniser les pratiques de reporting durable en Europe
- Faciliter la réponse aux attentes des partenaires commerciaux
- Améliorer l’accès aux financements responsables
Elle vise à harmoniser les pratiques de reporting durable, à faciliter la réponse aux attentes des partenaires commerciaux et à améliorer l'accès aux financements responsables. Bien que non obligatoire, l'adoption du VSME permet aux PME de démontrer leur engagement envers la durabilité et d'anticiper les évolutions réglementaires futures
Pour se mettre en conformité avec la directive CSRD, les étapes suivants sont recommandées :
- Réalisez les étapes préliminaires à la CSRD
Ces étapes sont l’analyse de double matérialité et l’analyse d’écart. Elles vous permettront de comprendre quels sont les enjeux, impacts, risques et opportunités matériels pour votre entreprise. Elles vous permettront également de rédiger une feuille de route à partir de ce que vous avez déjà réalisé.
Découvrez notre article sur la double matérialité ici.
- Compilez vos données et produisez vos indicateurs
La centralisation des données de durabilité est essentielle pour votre mise en conformité. Notamment pour faciliter la compréhension et la cohérence lors de la production d’indicateurs quantitatifs.
- Produisez votre rapport détaillé au format XHTML avec des balises XBRL
Grâce à ses technologies de tagging et de visualisation, Kiosk garantit un très haut niveau de cohérence.
Retrouvez ici notre article sur le balisage XBRL.
- Auditez vos données
Au terme de ces étapes, votre rapport de durabilité est prêt à être audité par un Organisme tiers indépendant (OTI).
Kiosk accompagne votre entrée en conformité tout au long de ce processus. Pour plus d’informations sur ces étapes, nous vous invitons à prendre contact avec notre équipe.
La mise en conformité CSRD requiert aux entreprises :
- la compréhension des 12 ESRS et 82 disclosure requirements
- la collecte de plus de 1 000 points de données
- le calcul de 50-147 indicateurs quantitatifs
- le balisage de 4 000 éléments dans le rapport final
Kiosk est un logiciel qui permet aux entreprises de gagner 5 mois sur la préparation de leur rapport CSRD en automatisant les étapes les plus chronophages.
- Tout d’abord, la sécurité de vos données est notre priorité.
- Toutes les données sont stockées en France, à Paris, via notre hébergeur français.
- Lors du transit, vos données sont chiffrées en SSL/TLS du navigateur de l’utilisateur vers nos serveurs garantissant la sécurité des communications.
- Les données sont également chiffrées au repos, aussi bien sur la base de données que sur le stockage de fichiers, protégeant les données en cas de fuite ou de tentative de vol.
- Les équipes techniques de Kiosk sont les seules à pouvoir accéder à vos données.
- Kiosk est en cours de certification ISO27001.
- Notre support technique est disponible 24h/24, 7j/7.



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